EPQQ – Faits éloquents

Le Canada dépense plus de 5 milliards de dollars par année en soins de santé pour traiter des maladies et des blessures associées à l’inactivité physique. Si on arrive à réduire de 10 % le taux de prévalence de l’inactivité physique, nos dépenses directes en soins de santé pourraient diminuer de 150 millions de dollars par année.

  • 87 % des enfants et des jeunes canadiens ne se conforment pas aux lignes directrices  canadiennes sur l’activité physique quotidienne. (Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, 2008).
  • On estime qu’au Canada, le fardeau des maladies et blessures liées à la sédentarité s’établit à 5,3 milliards de dollars (1,6 milliard en coûts directs1 et 3,7 milliards en coûts indirects2). Ceci représente 2,6 % de tous les coûts en soins de santé du pays.  Le seul fait de réduire de 10 % le taux de prévalence de l’inactivité physique entraînerait une réduction des dépenses directes en soins de santé de 150 millions de dollars par année (Katzmarzyk et Janssen, 2004).
  • Une personne inactive passe, en moyenne, 38 % plus de jours à l’hôpital, consulte 5,5 % plus de fois son médecin de famille, consulte 13 % plus de fois des spécialistes et exige 12 % plus de visites d’infirmière qu’une personne active (Sari, 2009).
  • En 2002, 57 % des Canadiennes et des Canadiens de 5 à 17 ans n’étaient pas assez actifs pour satisfaire aux normes internationales de croissance et de développement optimaux. (Craig, Cameron, Storm, Russell et Beaulieu, 2001). De plus, ce pourcentage a grimpé en flèche, passant de 64 % en 2000 (Craig et coll., 2001) à 82 % en 2002 chez les adolescents (Craig et Cameron 2004).
  • En 2000, seulement 30 % des filles et 40 % des garçons étaient jugés suffisamment actifs (Craig et coll., 2001). Rendu en 2002, ces chiffres avaient chuté de manière catastrophique pour atteindre 12 % chez les filles et 24 % chez les garçons (Craig et Cameron, 2004).
  • 26 % des enfants et des jeunes canadiens de 2 à 17 ans font de l’embonpoint et 8 % sont obèses (Sheilds, 2004). Les études de surveillance internationales révèlent que les jeunes Canadiens d’âge scolaire sont parmi les plus obèses au monde (Janssen et coll. 2005) et que la grande majorité d’entre eux deviennent des adultes obèses (Freedman, 2000).
  • Au cours des 25 dernières années, les taux combinés d’embonpoint et d’obésité chez les adolescents ont plus que doublé, alors que les seuls taux d’obésité ont triplé (Statistique Canada, 2005).
  • La génération des jeunes actuels est la première dans l’histoire à avoir une espérance de vie plus courte que celle de leurs parents (Olshansky, 2005)

Malgré tout, voici ce qu’on observe dans les écoles canadiennes :

Quantité d’éducation physique

  • Seulement 57 % des cas canadiens identifiés respectaient les normes provinciales pécisant la quantité de temps à consacrer à l’éducation physique (Hardman et Marshall, 2000)
  • Seulement 20 % des parents canadiens disaient que leur enfant avait des cours des d’éducation physique tous les jours. La plupart des parents (41 %) disaient que leur enfant avait des cours d’éducation physique un ou deux jours par semaine, alors que 10 % des parents disaient que leur enfant ne suivait aucun cours d’éducation physique (Craig et coll., 2001).
  • Au niveau du secondaire, 20 % des parents questionnés à l’échelle du Canada disaient que leur jeune ne suivait aucun cours d’éducation et ce pourcentage augmentait à mesure que les élèves changeaient d’année scolaire (Craig et coll., 2001).
  • Quand l’éducation physique devient un cours à option, le taux d’inscription aux cours d’éducation physique tend à diminuer de façon marquée et cette baisse est plus remarquable chez les filles que chez les garçons (Cameron, Wolfe et Craig, 2007; Craig et Cameron, 2004; Deacon, 2001; gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, 1996; Spence, Mandigo, Poon et Mummary, 2001).

Qui ENSEIGNE l’éducation physique?

  • Moins de la moitié (46 %) des écoles canadiennes disent avoir pleinement instauré des politiques exigeant l’embauche de spécialistes en éducation physique pour enseigner l’éducation physique; 17 % disaient avoir partiellement instauré de telles politiques; et 37 % disaient n’avoir jamais instauré de politiques touchant l’embauche de spécialistes en éducation physique. Les écoles intermédiaires et secondaires tendent plus à embaucher des enseignants spécialisés en éducation physique que les écoles élémentaires (Cameron et coll., 2007).
  • Seulement 39 % des écoles canadiennes ont déclaré que les responsables des cours d’éducation physique sont généralement des spécialistes du domaine. Les écoles secondaires tendent plus  à dire qu’elles font exclusivement appel à des spécialistes pour donner les cours d’éducation physique que les écoles élémentaires (53 % et 31 % respectivement) (Cameron, Craig, Coles et Cragg, 2003).
  • Selon Deacon (2001), les enseignants croient que c’est surtout le manque de préparation et d’expérience qui empêche les généralistes de l’élémentaire d’obtenir de bons résultats en éducation physique. Des constatations semblables ont été formulées au Manitoba (Janzen, Halas, Dixon, DeCorby, Booke et Wintrup, 2003) et au Nouveau-Brunswick (Tremblay et coll., 1996).

Qualité des installations

  • Hardman et Marshall (2000) ont constaté qu’en ce qui a trait à la qualité des installations affectées aux programmes d’éducation physique, le Canada se situait presque au dernier rang. Dans 87 % des cas canadiens, l’équipement et les installations étaient jugés inadéquats. C’est seulement dans les pays d’Amérique latine (100 %), d’Afrique (93%) et d’Asie (93 %) qu’on observait un pourcentage plus élevé d’installations inadéquates qu’au Canada.
  • Quelque 40 % des écoles disent s’être dotées de politiques détaillées les obligeant à fournir aux élèves un équipement adéquat pour leur permettre de s’adonner à l’activité physique. Par contre, 30 % des écoles disent n’avoir aucune politique les obligeant à acheter l’équipement requis pour s’adonner à l’activité physique (Cameron et coll., 2007).
  • En Alberta, on a demandé à des enseignants de tous les niveaux d’évaluer la qualité des installations intérieures et extérieures, ainsi que les lieux d’entreposage, l’équipement actuel et l’accès à l’équipement des élèves avec des besoins spéciaux. Les enseignants ont accordé des cotes allant de « adéquat »  à « plutôt insuffisant » (Mandigo et coll., 2004a).

Caractéristiques des programmes

  • Chaque programme-cadre provincial comprend des énoncés sur les résultats globaux associés aux efforts engagés pour aider les enfants et les jeunes à acquérir les attitudes, les habiletés et les connaissances requises pour mener une vie saine et active.
  • À l’heure actuelle, la place réservée à l’éducation physique en tant que matière scolaire ne semble pas constituer une priorité à l’échelle du Canada (Santé Canada, 1999) et ailleurs dans le monde (Hardman et Marshall, 2000).
  • La moitié environ des écoles canadiennes (53 %) disent s’être dotées de politiques détaillées leur permettant d’offrir aux élèves une gamme élargie d’activités physiques (p. ex., compétitives, récréatives, structurées et non structurées), alors que 21 % des écoles disent n’avoir adopté aucune politique en vue d’offrir aux élèves un choix d’activités physiques (Cameron et coll., 2007).

1 Les coûts directs représentent la valeur des biens et des services qu’on a du payer et qui ont exigé l’utilisation de ressources en vue d’offrir un traitement, des soins et des services de réadaptation associés à une maladie  ou à une blessure (Katzmarzyk et Janssen, 2004, p. 100).

2 Les coûts indirects représentent la valeur des pertes économiques résultant d’une maladie, d’une inaptitude au travail liée à une blessure ou d’un décès prématuré (Katzmarzyk etJanssen, 2004, p. 100).