Histoire d'épouvante - pas place dans l’éducation physique

Wednesday, January 17, 2018

 

Les études scientifiques montrent on ne peut plus clairement que les expériences d’activité physique positives chez les jeunes favorisent les bonnes habitudes tout au long de la vie en matière d’exercice. Parallèlement, on diminue la formation des enseignants en éducation physique, ce qui amène certains d’entre eux à se rabattre sur des idées et des méthodes dommageables qui n’ont pas leur place dans l’éducation physique moderne.

 

Le Dr Yoni Freedhoff a récemment republié un blogue paru en 2014, intitulé « High School Phys-Ed Horror Story Highlights Risk of Tying Exercise to Weight Loss » (il y a un risque à associer l’exercice à la perte de poids, comme le montre cette expérience déplorable dans un cours d’éducation physique du secondaire). On y relate le cas des élèves d’une école secondaire qui étaient tenus de participer à un programme hebdomadaire d’exercice à haute intensité et de suivre leur poids, leurs mensurations et leur indice de masse corporelle (IMC) qu’ils devaient afficher pour que les autres élèves de la classe puissent les voir. Vous aimeriez que vos « mensurations » soient du domaine public? Pas vraiment, n’est‑ce pas? De telles actions malencontreuses, même si l’intention était peut-être bonne au départ, peuvent avoir des conséquences négatives sur un enfant dans l’immédiat et à plus long terme — surtout à un âge auquel l’image corporelle et l’estime de soi posent déjà parfois des problèmes et où le taux de participation à des sports et à des activités physiques commence à baisser.

 

Il faut que les cours d’éducation physique soient une expérience éducative, adaptée sur le plan du développement, inclusive, sûre, agréable et enrichissante qui stimule les élèves et les encourage tous à améliorer les connaissances, les habiletés et les attitudes qui leur permettront d’avoir un mode de vie sain et actif en dehors de l’école et tout au long de leur vie.

 

Éducation physique et santé Canada est une association caritative nationale qui a pour mission de favoriser la santé et l’activité physique chez les enfants. Elle reconnaît à quel point l’éducation physique et la promotion de la santé contribuent à intéresser les enfants à un mode de vie sain et actif et à adopter un tel mode de vie à long terme. Les études montrent que les élèves qui bénéficient de programmes d’éducation physique quotidienne de qualité obtiennent des résultats plus élevés à l’évaluation de leur degré de plaisir, de leur attitude et de leurs connaissances sur les modes de vie sains1, 2, maintiennent, et réussissent à améliorer dans bien des cas, leur rendement scolaire3, 4, 5, 6, sont plus susceptibles de faire de l’activité physique pendant leur temps libre7 et plus tard dans la vie8.

 

L’honorable Nancy Greene Raine, sénatrice et championne olympique, est une ardente défenseure des programmes d’éducation physique de qualité. « Les taux d’obésité sont à la hausse, moins de la moitié des enfants canadiens font le niveau d’activité physique recommandé et les enfants passent près de la moitié de leur temps éveillé à l’école. L’éducation physique joue donc un rôle capital pour ce qui est d’initier et d’intéresser les enfants au sport et à l’activité physique. »

 

L’importance et les avantages de l’éducation physique sont clairs, mais ils reposent sur une prestation de qualité. Éducation physique et santé Canada est le chef de file au Canada dans le domaine des programmes de qualité qui appuient la prestation de cours d’éducation physique qui favorisent la bonne santé et les occasions de perfectionnement professionnel.

 

Voyons à offrir aux enfants des programmes d’éducation physique et de promotion de la santé qui leur donneront des expériences positives et les inciteront à adopter un mode de vie sain et actif pour la vie.

 

1. Bungum et coll., 2000; 2. Janzen et coll., 2003; 3. Chomitz et coll., 2009; 4. Sallis et coll., 1997; 5. Shephard, 1997; 6. Trudeau et Shephard, 2008; 7. Dale et coll., 2000; 8. Shephard et Trudeau, 2000.

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